Sauvons le Lycée Schoelcher

Commentaire de Gottin le 31/07/2008


C'est l'histoire d'un lundi matin dans une classe élémentaire de Basse Pointe. Un petit garçon arrive en cours préparatoire, on est dans les années du début du siècle dernier; il y a, de l'autre côté de la mer, sur le sol sacré de la mère patrie, une guerre qui a vu partir nombre de jeunes gens, main sur le coeur, doigt sur la couture du pantalon. La Martinique est une colonie avec son lot de misères que la beauté des paysages n'arrive pas à cacher, et le blanc du linge bien empesé des békés et le bleu de leurs iris brûlent les yeux des innombrables nègres qui triment dans les champs pour vingt sous par jour, trois cent pieds de canne, du lever au coucher du soleil.

Faisons vite car c'est le temps du conte, la cloche de la récréation sonne et le petit garçon qui s'appelle Aimé, quel drôle de nom, se lève et se lance dans la cour de récréation dans un zwèl effréné avec ses nouveaux amis sauf que, à la reprise de la classe, il a disparu...Ses camarades s'enquièrent auprès de la maîtresse (était ce plutôt un maître?) pour apprendre qu'il est déjà parti à Fort de France dans un...lycée qui porte le nom de Victor Schoelcher, le grand libérateur abolitionniste .

Le samedi suivant, l'un d'entre eux descend en ville rendre visite à sa grand-mère vivant au bord du Canal, toute vieille, toute ratatinée mais qui consent volontiers à monter la petite pente pour l'amener voir le petit Césaire. Arrivés à la porte de l'établissement, le gardien leur répond aimablement en montrant un paquebot qui file dans la rade en faisant sonner sa sirène, que l'élève Aimé Césaire est en partance pour...l'École Normale à Paris.

C'est le temps du conte, non?
M Gottin


02/08/2008
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