Sauvons le Lycée Schoelcher

Communiqué du Collectif du 28 Juillet 2008

Collectif pour la sauvegarde, la préservation, la conservation

et la valorisation du Lycée Schœlcher

http://lyceeschoelcher.blog4ever.com

lyceeschoelcher@gmail.com

 

Les informations portées à notre connaissance nous appellent à la plus grande prudence au regard des interventions prévues sur le Lycée Schœlcher.

 

Plusieurs points doivent être précisés :

 

1°) Par courrier du 10 Octobre 2007 adressé à Madame Christine Albanel, Ministre de la Culture, Aimé CESAIRE s’est personnellement adressé à l’Etat pour réclamer le classement de cet édifice en Bâtiment Historique « compte tenu de son caractère particulièrement exceptionnel ».

 

En effet, ce chef-d'œuvre architectural qui dépasse la Martinique à été le lieu de formation de la conscience Martiniquaise. « Le lycée Schœlcher est devenu un monument historique que nous devons garder à tout prix. Le Lycée Schœlcher c’est l’affirmation d’une fidélité et l’énonciation d’une doctrine. »

 

Dans un document intitulé « Label Patrimoine du XXe siècle, Septembre 2007 » la DRAC reconnaît cette valeur patrimoniale en déclarant : « L'ensemble possède des qualités thermiques (le lycée est apprécié pour sa ventilation) et parasismiques. C’est un ensemble unique de par son homogénéité architecturale. Malgré des travaux de réhabilitations partiels, les réparations du béton entrepris il y plus de vingt ans maculent des peintures qui n’ont plus d’âge.

Aujourd’hui, cet ensemble de premier plan, vraisemblablement un des tous premiers de la Caraïbe, mais aussi de France va être démoli. Le lycée le plus célèbre de la Martinique, pièce unique du patrimoine aurait mérité cependant d’être conservé. »

 

A ce jour, cette demande faite à l’Etat est restée sans réponse.

 

2°) Le classement du Lycée Schœlcher comme « bâtiment historique » pose le problème de l’absence de véritable politique patrimoniale dans ce pays. La politique du patrimoine, ce n’est pas conserver des vieux papiers et des cartes, organiser des expositions indolores. Ce n’est pas seulement la conservation des « maisons remarquables » et des églises du XVIIIe et des XIXe siècles. C’est la mise en valeur des éléments qui expriment notre identité. La langue, les modes de vivre, de bâtir, les lieux de la formation de la conscience sont les fondements de cette politique volontariste.

 

Détruire le Lycée Schœlcher c’est détruire tout un pan de notre histoire et des repères mémoriels qui ont posé les jalons du consensus social et culturel de la sortie de la société esclavagiste.

 

Les édifices patrimoniaux ont en commun un point essentiel : ils possèdent les caractéristiques de ce qui est représentatif d'un mode de vie distinctif ou d'une époque particulière, inscrite dans la mémoire de témoins encore vivants : Une valeur patrimoniale, c’est-à-dire l’importance esthétique, historique, scientifique, éducative, culturelle, sociale et spirituelle d'un lieu pour les générations passées, présentes et futures.

 

3°) Reste les incertitudes sur la prétendue dangerosité immédiate du Lycée pour les élèves et tous les usagers. Notons que cet édifice, depuis sa mise en service en 1937, n’a pas fait l’objet d’entretien spécifique, et que contrairement à plusieurs autres établissements scolaires, le Lycée Schœlcher n’a fait l’objet d’aucune mesure spéciale suite séisme du 29 Novembre 2007, et les activités scolaires n’ont pas été interrompues.

 

La ville de Fort-de-France, compte tenu du dossier présenté à ses services, a émis un avis favorable sous réserve pour la démolition du bâtiment G. Cet avis demandait expressément que lui soit présenté le projet dans sa globalité, le temps d’une concertation pour des propositions alternatives, notamment pour la sécurité de la communauté scolaire et la pertinence de la préservation de ce monument historique.

 

A ce jour, cette demande faite au Président du conseil Régional est restée sans réponse.

 

Pour toutes ces raisons nous demandons :

 

1°)    La communication des rapports d’expertise sur l’état du bâtiment et notamment la qualité des bétons

2°)    L’arrêt immédiat des travaux afin d’engager une véritable concertation entre les autorités compétentes, les usagers et les Martiniquais.

 

Le collectif

Fort-de-France, le 28 Juillet 2008.

 

 



28/07/2008
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