Sauvons le Lycée Schoelcher

Extraits DRAC – Label XXe siècle - septembre 2007

972 FORT-DE-FRANCE. 44, boulevard Robert-Attuly

LYCÉE polyvalent mixte Victor-Schoelcher

 

Fiche signalétique

DENQ 2006

DBOR 2006

NOMS Bouin Yohann

ETUD Patrimoine XXe siècle

DOSS Individuel

DENO lycée

PDEN polyvalent mixte

ACTU lycée colonial ; lycée national de garçons ; lycée Schoelcher

TICO lycée polyvalent mixte Victor-Schoelcher

PART gymnase ; immeubles de logements ; bâtiments administratifs

DPT 972

COM Fort-de-France

INSEE 97209

ADRS Robert-Attuly (boulevard)

CADA 97209 BD1 544, 594 et 598

IMPL en ville

SCLE 2e quart 20e siècle

DATE 1937

JDAT daté par source

AUTR Donat Honoré ( ?, ingénieur)

JATT attribution par source

PERS Césaire Aimé ; Maurice Emile

HIST Un établissement d'enseignement secondaire est créé à Saint-Pierre le 6 décembre 1880, sous l'appellation de « collège national ». A partir de 1881, il prend la dénomination de « lycée ». Puis, il est assimilé à un lycée français, et le même programme doit y être enseigné. Le 28 février 1902, il reçoit le nom de « lycée Schoelcher ». En septembre, après la destruction de Saint-Pierre par l'éruption de la montagne Pelée, l'enseignement secondaire est transféré dans les locaux de l'externat colonial, à la caserne Bouillé. En 1915, Louis Achille, premier agrégé antillais en devient le proviseur.

Dès 1916, E. Coste, ingénieur des ponts et chaussées envisage la construction d'un lycée à Fort-de-France, il évalue alors la dépense à 1.100.000 francs. Cependant la première étude évoquée est celle de l'architecte parisien Wulffleff (architecte de l'église de Balata) en janvier 1928. Les premiers plans connus datent de septembre 1930. Ils sont signés des architectes parisiens J. et J. Soupré. Le programme prévoit de recevoir 800 élèves dont 350 internes. Lors de ces premières études, deux terrains sont envisagés, celui de Bellevue et celui de la Pointe des Nègres. C'est le terrain de Bellevue qui est finalement retenu. Le lycée est construit à l'emplacement de l'ancienne maison du Gouverneur, avant son transfert à Didier. Les plans sont remaniés en 1933 et 1934 suite entre autres au rapport de M. Tournaire, architecte du gouvernement, membre de l'institut et de la commission des lycées et collèges. A partir de ce moment les plans trouvés aux archives sont signés H. Donat (chef de la section technique).

L'organisation générale en trois terrasses est conservée, mais l'orientation et l'esthétique générale des bâtiments diffèrent. En effet dans les plans de J. et J. Soupré, les bâtiments sont parallèles à la pente et couverts de toits à longs pans.

D'importants travaux de terrassements et de soutènement dus à la pente forte sont nécessaires pour constituer les trois plates-formes sur lesquelles est implanté le lycée. Sur une photographie ancienne, on constate que le lycée à sa construction était situé plus près de la mer qu'aujourd'hui. Il existe aussi des photographies datant des travaux. Les travaux de terrassement ne se terminent pas avant janvier 1936. Ceci entraîne le retard de la livraison du lycée et des surcoûts. En effet, prévu initialement pour le tricentenaire de la colonie en 1935, la mise en service du lycée s'étale de 1937 à 1938. Le 1er janvier 1937, le nouveau lycée ouvre ses portes avant la fin des travaux de l'internat. Les travaux sont réalisés par les entreprises martiniquaises Dormoy, Roy-Camille, Kalfon et Roseau et suivis par les ingénieurs Donat, Roy-Camille et Delaval. D'après Jean Doucet, la conception des structures qui représentaient, à l'époque, l'aboutissement des connaissances parasismiques est menée par le cabinet des ingénieurs Delfosse et Trompat, à Paris. Le séisme de 1953 n'a pas affecté la structure, il n'a entraîné que la destruction normale des joints de dilatation et des fissures. Un témoignage d'Yves Edmont confirme ce point.

Sous l'administration de l'amiral Robert, le lycée est partiellement occupé par l'armée : on ferme l'internat ouvert et on recrute dix professeurs. L'année d'après, il devient le siège d'enrôlement du bataillon n°5 des Forces armées libres, comme le rappelle une plaque posée sur l'un des murs d'enceinte (à droite de l'entrée sud-est). Durant cette période, une anecdote rapportée par Jean Doucet mentionne un impact d'obus dans l'enceinte du lycée lors d'un exercice de tir raté depuis le fort Desaix, assez proche. En 1948, après la départementalisation, le lycée colonial devient lycée national de garçons, jusqu'en 1973-1974, époque à laquelle il est érigé en « lycée polyvalent mixte ». Aimé Césaire et Emile Maurice y ont enseigné.

L'état de l'édifice pose très vite problème. L'utilisation de sable de mer pour le béton en est la principale cause : les fers à béton s'oxydent et font éclater le béton par plaques. Après de nombreuses campagnes de restauration, le lycée doit finalement être détruit. La démolition s'effectuera par tranches, de nouvelles constructions doivent remplacer les bâtiments originaux. Un nouveau projet est décidé depuis le 22 novembre 2006 et doit être entamé à la rentrée 2008.

 

MURS béton

TOIT béton en couverture

COUV terrasse

 

DESC Le plan du lycée s'organise autour d'un axe formé par l'entrée, jouant un difficile exercice de symétries et de perspectives. La pente importante du terrain est mise à profit. Les différents niveaux de sols en gradin organisent l'ensemble. La vue sur la mer est omniprésente. L'édifice s'organise sur trois terrasses. Sur la première terrasse on trouve l'accueil, puis trois bâtiments administratifs construits selon un axe de symétrie. Ils contiennent des bureaux avec des balcons qui donnent sur la mer et un amphithéâtre qui a gardé le mobilier d'origine. Sur la deuxième terrasse, quatre ailes parallèles contiennent les salles de classes, elles sont reliées par des coursives.

Chaque aile comporte des salles de classes traversantes. Sur la gauche se trouve le bâtiment de physique. Sur la troisième terrasse, se trouvent trois ailes parallèles. A l'origine le rez-de-chaussée contenait des salles d'étude et les étages des dortoirs. Les pièces sont actuellement affectées à des salles de classes supplémentaires. On trouve aussi un bâtiment comprenant notamment le réfectoire et les cuisines et plus loin, un gymnase. La structure des bâtiments est simple, ils sont construits sur le système « poteau – poutre ». Cette structure horizontale / verticale est perceptible dans le dessin des bâtiments. Ils sont reliés entre eux par des escaliers entre les différentes terrasses et des galeries couvertes. Des logements de fonctions sont construits en contrebas et au-dessus du lycée, il s'agissait à l'origine d'exercer une surveillance sur l'ensemble. Des immeubles et quatre maisons individuelles (proviseur, adjoints et intendant). L'une est située de l'autre côte de la route, l'autre à droite des bâtiments administratifs.

 

I. HISTORIQUE

Un établissement d'enseignement secondaire est créé à Saint-Pierre le 6 décembre 18801, sous l'appellation de « collège national ». A partir de 1881, il prend la dénomination de « lycée ». Puis, il est assimilé à un lycée français, et le même programme doit y être enseigné. Le 28 février 1902, il reçoit le nom de « lycée Schoelcher »2. En septembre, après la destruction de Saint-Pierre par l'éruption de la montagne Pelée, l'enseignement secondaire est transféré dans les locaux de l'externat colonial, à la caserne Bouillé. En 1915, Louis Achille, premier agrégé antillais en devient le proviseur.

Dès 1916, E. Coste, ingénieur des ponts et chaussées envisage la construction d'un lycée à Fort-de-France, il évalue alors la dépense à 1.100.000 francs3. Cependant la première étude évoquée est celle de l'architecte parisien Wulffleff (architecte de l'église de Balata) en janvier 19284. Les premiers plans connus datent de septembre 19305. Ils sont signés des architectes parisiens J. et J. Soupré (doc. 1). Le programme prévoit de recevoir 800 élèves dont 350 internes. Lors de ces premières études, deux terrains sont envisagés, celui de Bellevue et celui de la Pointe des Nègres6. C'est le terrain de Bellevue qui est finalement retenu. Le lycée est construit à l'emplacement de l'ancienne maison du Gouverneur7, avant son transfert à Didier. Les plans sont remaniés en 1933 (doc. 2) et 1934 suite entre autres au rapport de M. Tournaire, architecte du gouvernement, membre de l'institut et de la commission des lycées et collèges8. A partir de ce moment les plans trouvés aux archives sont signés H. Donat (chef de la section technique)9. L'organisation

générale en trois terrasses est conservée, mais l'orientation et l'esthétique générale des bâtiments diffèrent. En effet dans les plans de J. et J. Soupré, les bâtiments sont parallèles à la pente et couverts de toits à longs pans.

D'importants travaux de terrassements et de soutènement dus à la pente forte sont nécessaires pour constituer les trois plates-formes sur lesquelles est implanté le lycée. Sur une photographie ancienne (doc. 3), on constate que le lycée à sa construction était situé plus près de la mer qu'aujourd'hui. Il existe aussi des photographies datant des travaux (doc. 4 et 5). Les travaux de terrassement ne se terminent pas avant janvier 193610. Ceci entraîne le retard de la livraison du lycée et des surcoûts. En effet, prévu initialement pour le tricentenaire de la colonie en 1935, la mise en service du lycée s'étale de 1937 à 1938.

1 Le patrimoine des communes de la Martinique. Dir. Jean-Luc Flohic. Editions Flohic, 1998, p.137.

2 Victor Schoelcher, d'origine alsacienne, est la figure emblématique de la lutte pour l'abolition de

l'esclavage qui a abouti en 1848.

3 Archives d'Outre-Mer.1 tp/472. Rapport de l'ingénieur E. Coste.

4 AD Martinique 7145. Lettre au gouverneur de la Martinique. Janvier 1928.

5 Archives d'Outre-Mer. 1 tp/766. Avant-projet du lycée Schoelcher. Septembre 1930.

6 Archives d'Outre-Mer. 1 tp/473. Avant-projet du lycée Schoelcher. Mai 1931.

7 Fragments d'histoire à la faveur d'une promenade dans les rues et aux environs de Fort-de-France. Pas

d'éditeur, 1940, p. 75/76. Le domaine de la résidence du gouverneur à Bellevue a été démantelé pendant la

guerre 14/18, puis fractionné et vendu aux enchères publiques. Une partie sera le terrain d'assiette du lycée

Schoelcher. La résidence du gouverneur fut ensuite le « vieux moulin » (au-dessus de Didier)

8 Archives d'Outre-Mer.1 tp/1115. Rapport de M. Tournaire, architecte du gouvernement, membre de

l'institut et de la commission des lycées et collèges.

9 AD Martinique. 1S 3661, 4N 3313, 4N 3314. Plans du lycée Schoelcher.

10 AD Martinique. 1S977. Journal de chantier.

DRAC – Label XXe siècle - septembre 2007

 

Le 1er janvier 193711, le nouveau lycée ouvre ses portes avant la fin des travaux de l'internat. Les travaux sont réalisés par les entreprises martiniquaises Dormoy, Roy-Camille, Kalfon et Roseau et suivis par les ingénieurs Donat, Roy-Camille et Delaval.

D'après Jean Doucet12, la conception des structures qui représentaient, à l'époque, l'aboutissement des connaissances parasismiques est menée par le cabinet des ingénieurs Delfosse et Trompat, à Paris. Le séisme de 1953 n'a pas affecté la structure, il n'a entraîné que la destruction normale des joints de dilatation et des fissures. Un témoignage d'Yves Edmont confirme ce point.

Sous l'administration de l'amiral Robert, le lycée est partiellement occupé par l'armée : on ferme l'internat ouvert et on recrute dix professeurs. L'année d'après, il devient le siège d'enrôlement du bataillon n°5 des Forces armées libres, comme le rappelle une plaque posée sur l'un des murs d'enceinte (à droite de l'entrée sud-est). Durant cette période, une anecdote rapportée par Jean Doucet mentionne un impact d'obus dans l'enceinte du lycée lors d'un exercice de tir raté depuis le fort Desaix, assez proche. En 1948, après la départementalisation, le lycée colonial devient lycée national de garçons, jusqu'en 1973-1974, époque à laquelle il est érigé en « lycée polyvalent mixte ». Aimé Césaire et Emile Maurice y ont enseigné.

L'état de l'édifice pose très vite problème. L'utilisation de sable de mer pour le béton en est la principale cause : les fers à béton s'oxydent et font éclater le béton par plaques. Après de nombreuses campagnes de restauration, le lycée doit finalement être détruit. La démolition s'effectuera par tranches, de nouvelles constructions doivent remplacer les bâtiments originaux. Un nouveau projet est décidé depuis le 22 novembre 2006 et doit être entamé à la rentrée 2008.

11 Archives d'Outre-Mer.1 tp/795. Rapport au Président de la République française par l'inspection

Générale des travaux publics des colonies.

12 DOUCET, Jean. Architecture moderniste en Martinique. Le lycée Schoelcher. Non publié.

DRAC – Label XXe siècle - septembre 2007

 

II. DESCRIPTION

1. Situation et composition d'ensemble

Le lycée Schoelcher se situe à Fort-de-France dans le quartier de Bellevue, le long du boulevard Robert-Atully (ancienne route de la corniche) et face à la mer (pl. I et II). Ses bâtiments s'étagent sur le morne dominant la pointe Timon. Un haut mur en pierre forme son enceinte (fig. 3).

Le plan du lycée s'organise autour d'un axe formé par l'entrée, jouant un difficile exercice de symétries et de perspectives. La pente importante du terrain est mise à profit. Les différents niveaux de sols en gradin organisent l'ensemble. La vue sur la mer est omniprésente (fig. 21 et 27). Depuis le pavillon de l'entrée on perçoit la succession des différents niveaux de bâtiments.

 

2. Matériaux

Le gros-oeuvre de l'édifice est en ossature béton et en remplissage. Les toitures terrasse sont également en béton. Les sols sont en ciment et carrelage.

 

3. Structure et distribution intérieure

L'édifice s'organise sur trois terrasses (pl. II et III) :

Sur la première terrasse on trouve l'accueil, puis trois bâtiments administratifs construits selon un axe de symétrie (fig. 6 et 7). Ils contiennent des bureaux avec des balcons qui donnent sur la mer (fig. 9, 10, 12 et 13) et un amphithéâtre (fig. 11) qui a gardé le mobilier d'origine.

Sur la deuxième terrasse, quatre ailes parallèles contiennent les salles de classes sont reliées par des coursives (fig. 15 à 19). Chaque aile comporte des salles de classes traversantes. Sur la gauche se trouve le bâtiment de physique (fig. 20 à 22).

Sur la troisième terrasse, se trouvent trois ailes parallèles. A l'origine le rez-de-chaussée contenait des salles d'étude et les étages des dortoirs. Les pièces sont actuellement affectées à des salles de classes supplémentaires. On trouve aussi un bâtiment comprenant notamment le réfectoire et les cuisines et plus loin, un gymnase (fig. 24 à 33).

La structure des bâtiments est simple, ils sont construits sur le système « poteau – poutre ». Cette structure horizontale / verticale est perceptible dans le dessin des bâtiments. Ils sont reliés entre eux par des escaliers entre les différentes terrasses et des galeries couvertes (fig. 16 et 23).

Des logements de fonctions (proviseur, adjoints et intendant,...) sont construits en contrebas et au-dessus du lycée, il s'agissait à l'origine d'exercer une surveillance sur l'ensemble de l'établissement13 (pl. II). Sur la terrasse supérieure, on trouve des immeubles (fig. 34) et deux maisons individuelles. Les deux autres maisons sont situées l'une au sud de l'autre côte de la route (fig. 8), l'autre à droite des bâtiments administratifs

 

13 « Les bureaux du proviseur et censeur et les surveillants généraux ne doivent pas être sur une même terrasse, afin de rendre la surveillance plus efficace. » Extrait du cahier des charges. AD Martinique : 1S7145.

DRAC – Label XXe siècle - septembre 2007

 

 (fig. 35)

4. Elévations

L'élévation principale donne sur le bas du boulevard Robert-Attuly (pl. IV, fig. 1 et 2). L'axe de symétrie est matérialisé par l'horloge situé en haut d'un bâtiment de la troisième terrasse (pl. V, fig. 4). L'accueil porte l'inscription « Lycée Schoelcher » (fig. 5).

Les bâtiments contenant les salles de classes comportent deux étages carrés sur la deuxième terrasse (fig. 17), trois étages sur la troisième terrasse. Le système des escaliers et de passages contourne les bâtiments : les circulations sont ainsi toutes extérieures. Le lycée bénéficie d'une excellente ventilation car les bâtiments sont tous orientés perpendiculairement aux alizés.

Le bâtiment de physique présente dans son élévation sur rue deux avancées semicylindriques

(pl. VI, fig. 20).

 

5. couvertures

Les bâtiments sont couverts de toitures terrasses en béton.

 

6. Les jardins

Le lycée dispose d'un petit jardin, situé sur la première terrasse, devant les bâtiments administratifs (fig. 14) il est agrémenté d'un bassin, du coté droit (fig. 10).

DRAC – Label XXe siècle - septembre 2007

 

III. SYNTHÈSE

Le lycée Schoelcher est construit entre 1934 et 1938. Son attribution pose problème : il est attribué à Honoré Donat, ingénieur du service des Travaux Publics4. Cependant, il semble que ce dernier a seulement suivi le déroulement des travaux, en tant que fonctionnaire responsable de son exécution. Donat n'a produit que des bâtiments « mineurs » (imprimerie officielle, pavillon du tourisme) et ne cite pas le lycée dans ses « états de charges » qui figurent dans son dossier professionnel14. Il mentionne le suivi des travaux, surtout ceux de l'internat, à la fin. L'importance de l'ouvrage - c'est un des premiers lycées de France par sa taille - plaide pour une conception depuis la métropole, car, à cette époque les structures présentes en Martinique semblent sous-dimensionnées.

Le lycée révèle une architecture complexe et très achevée. De plus, le lycée a été en partie étudié par le cabinet Delfosse et Trompat à Paris, ce qui tend à prouver qu'il n'a pas été majoritairement étudié sur place. Les études faites alors sont à l'avant-garde du parasismique. Les architectes parisiens J. et J. Soupré pourraient être les auteurs des plans toutefois, ils ne sont mentionnés que de 1930 à 1932 et leur projet est très différent de la construction finale. L'auteur est donc toujours une énigme.

C'est un édifice classique dans sa composition : très ordonnancé, respectant la symétrie.

Dominant la baie de Fort-de-France, il est implanté sur les pentes de Bellevue, face à la mer. Dans une composition savante mais toujours lisible, il égrène ses très nombreux bâtiments et ses circulations complexes. Elles constituent un lacis de passerelles et d'escaliers qui participe fortement au style organique de l'ensemble.

L'utilisation du béton et la pureté des formes sont des caractéristiques de la modernité. Le vocabulaire architectural moderne joue avec des formes géométriques élémentaires particulièrement dans les bâtiments entourant l'entrée : angles, courbes, grandes horizontales et fins voiles de béton. Une très élégante horloge en forme de clocheton, typiquement art déco est l'un des rares détails « décoratifs » de l'édifice.

L'ensemble possède des qualités thermiques (le lycée est apprécié pour sa ventilation) et parasismiques. C'est un ensemble unique de par son homogénéité architecturale. Malgré des travaux de réhabilitations partiels, les réparations du béton entrepris il y plus de vingt ans maculent des peintures qui n'ont plus d'âge. Aujourd'hui, cet ensemble de premier plan, vraisemblablement un des tous premiers de la Caraïbe, mais aussi de France va être démoli. Le lycée le plus célèbre de la Martinique, pièce unique du patrimoine aurait mérité cependant d'être conservé.

14 DOUCET, Jean. Architecture moderniste en Martinique. Etude non publiée. Notice de l'édifice.

DRAC – Label XXe siècle - septembre 2007

 

 

IV. DOCUMENTATION

Archives :

- AD Martinique. 1S 977. Journal de chantier.

- AD Martinique. 1S 3661, 4N 3313, 4N 3314. Plans du lycée Schoelcher.

- AD Martinique. 1S 7145. Lettre au gouverneur de la Martinique. Janvier 1928.

- AD Martinique. 1S 7145. Cahier des charges du lycée Schoelcher.

- Archives d'Outre-Mer. 1 tp/472. Rapport de l'ingénieur E. Coste.

- Archives d'Outre-Mer. 1 tp/473. Avant-projet du lycée Schoelcher. Mai 1931.

- Archives d'Outre-Mer. 1 tp/766. Avant-projet du lycée Schoelcher. Septembre 1930.

- Archives d'Outre-Mer. 1 tp/795. Rapport au Président de la République française

par l'inspection Générale des travaux publics des colonies.

- Archives d'Outre-Mer. 1 tp/1115. Rapport de M. Tournaire, architecte du

gouvernement, membre de l'institut et de la commission des lycées et collèges.

Bibliographie :

- Le patrimoine des communes de la Martinique. Coll. dir. par Jean-Luc Flohic.

Editions Flohic, 1998, p. 137.

- DOUCET, Jean. Architecture moderniste en Martinique. Le lycée Schoelcher. Non

publié.

DRAC – Label XXe siècle - septembre 2007

 

 

Table des illustrations

Illustration graphique

Pl. I Plan de situation, tiré de la carte IGN.

Pl. II Plan masse établi à partir du plan cadastral.

Pl. III Axonométrie, tirée de DOUCET, Jean. Architecture moderniste en Martinique.

Etude non publiée. Notice de l'édifice.

Pl. IV Perspective, tirée de DOUCET, Jean. Architecture moderniste en Martinique.

Etude non publiée. Notice de l'édifice.

Pl. V Perspective, tirée de DOUCET, Jean. Architecture moderniste en Martinique.

Etude non publiée. Notice de l'édifice.

Pl. VI Elévations du bâtiment secondaire, tirées de DOUCET, Jean. Architecture

moderniste en Martinique. Etude non publiée. Notice de l'édifice.

Documentation photographique

Doc. 1 Avant-projet du lycée, J. et J. Soupré (architectes). Archives d'Outre-Mer : 1 tp/473.

5 mai 1931.

Doc. 2 Avant-projet du lycée, Direction des travaux publics. Archives d'Outre-Mer : 1

tp/1115. Avril 1933.

Doc. 3 Photographie ancienne du lycée, tirée de DOUCET, Jean. Architecture

moderniste en Martinique. Etude non publiée. Notice de l'édifice.

Doc. 4 Photographie prise pendant les travaux, donnant sur la baie de Fort-de-France. A

droite de la photographie les toits de l'actuel bâtiment de physique, tirée de

DOUCET, Jean. Architecture moderniste en Martinique. Etude non publiée.

Notice de l'édifice.

Doc. 5 Photographie ancienne du lycée, à droite l'actuelle maison du principal, tirée de

DOUCET, Jean. Architecture moderniste en Martinique. Etude non publiée.

Notice de l'édifice.

Illustration photographique

Fig. 1 Ensemble depuis Texaco.

Fig. 2 Ensemble depuis Texaco, détail.

Fig. 3 Ensemble depuis le sud, mur d'enceinte.

Fig. 4 Ensemble depuis le sud, partie centrale.

Fig. 5 Ensemble depuis le sud, détail de l'élévation.

Fig. 6 Première terrasse. Accueil et bâtiments administratifs.

Fig. 7 Première terrasse. Accueil et bâtiments administratifs.

Fig. 8 Première terrasse. Logement.

Fig. 9 Première terrasse. Bâtiment administratif.

Fig. 10 Première terrasse. Bâtiment administratif et bassin.

DRAC – Label XXe siècle - septembre 2007

972 FORT-DE-FRANCE. 44, boulevard Robert-Attuly

LYCÉE polyvalent mixte Victor-Schoelcher

Fig. 11 Première terrasse. Intérieur, amphithéâtre.

Fig. 12 Première terrasse. Bâtiment administratif.

Fig. 13 Première terrasse. Bâtiment administratif.

Fig. 14 Première terrasse. Jardin.

Fig. 15 Depuis la première terrasse : à gauche les bâtiments administratifs, à droite la

deuxième terrasse.

Fig. 16 Deuxième terrasse. Salles de classes et espaces de circulation.

Fig. 17 Deuxième terrasse. Salles de classe.

Fig. 18 Deuxième terrasse. Intérieur, salle de classe.

Fig. 19 Deuxième terrasse. Bâtiment de physique, depuis la cour.

Fig. 20 Deuxième terrasse. Bâtiment de physique, depuis le boulevard Robert-Attuly.

Fig. 21 Deuxième terrasse. Bâtiment de physique, toiture.

Fig. 22 Salles de classes de la deuxième terrasse, depuis la troisième terrasse.

Fig. 23 Espaces de circulation, depuis la troisième terrasse.

Fig. 24 Troisième terrasse. Salles de classe.

Fig. 25 Troisième terrasse. Salles de classe.

Fig. 26 Troisième terrasse. Salles de classe, depuis la coursive du troisième étage.

Fig. 27 Troisième terrasse. Salles de classe, depuis la coursive du troisième étage.

Fig. 28 Troisième terrasse. Horloge, depuis le boulevard Robert-Attuly.

Fig. 29 Troisième terrasse. Coursive.

Fig. 30 Troisième terrasse. Entrée des dortoirs, actuellement salles de classe.

Fig. 31 Troisième terrasse. Monte charge.

Fig. 32 Troisième terrasse, terrain de sport et bâtiment comprenant le réfectoire.

Fig. 33 Mur de soutènement.

Fig. 34 Immeubles de logements.

Fig. 35 Logement de fonction (sud).

DRAC – Label XXe siècle - septembre 2007



30/07/2008
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